Mythes ou manques d’informations ?
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Lesbiennes

Lesbiennes

Les clichés sur les lesbiennes sont nombreux et parfois invalidants pour elles. Même si l’ensemble de la société occidentale tend à « accepter » et assumer la part homosexuelle d’une grande partie de la population, il n’est pas rare que les lesbiennes continuent de faire l’objet de préjudices moraux et d’attitudes qui ont été fomentées par des siècles de rejet et d’opinions négatives envers les amours saphiques.

Pour les plus sectaires il se dit que les lesbiennes seraient toutes des « camionneuses » en puissance, habillées très peu élégamment c'est-à-dire plutôt comme des hommes, une idée reçue largement entretenue par quelques héroïnes cinématographiques qui ont laissé leurs empreintes dans l’imaginaire collectif. Elles sont ainsi représentées de manière très peu féminine, souvent enrobées, portant jean large, baskets aux pieds et cheveux courts. On les imagine également tatouées et percées de partout, une manière croit t’on d’affirmer leur identité et leur place dans la société. Si elles s’affichent ainsi ce serait donc pour canaliser leur différence et montrer qu’elles n’ont pas de compte à rendre, et qu’elles sont des femmes entièrement libres de faire ce qu’elles souhaitent avec leur corps, y compris de la provocation. Une ineptie qui n’est pourtant pas généralisée. Certaines lesbiennes sont « femmes » et soignées jusqu’au bout des ongles, portant la robe, les talons ou peu importe la tenue, comme toutes leurs consœurs. Elles sont également des mères tout à fait comme les autres et de plus en plus acceptées dans la société, même si certaines personnes les regardent, pour ne pas dire les observent, parfois d’un sale œil. Par contre les lesbiennes ne sont pas soupçonnées de « pédophilie » par amalgame, à la différence des hommes homosexuels à qui l’ontattribuemalencontreusement et sans connaissance les pires turpitudes. Fort heureusement d’ailleurs, car elles ne peuvent pas stigmatiser tous les clichés et les déviances de la société moderne.

Elles sont désignées comme des garçons manqués, aimant forcément tout ce que les garçons adorent, la mécanique, la bagarre, les coups d’éclats, la bière et la grosse rigolade. Autant de points de vue erronés qui les montrent du doigt lorsqu’elles osent faire leur « coming out ». Elles intriguent encore plus si elles ne présentent pas toutes ces caractéristiques, qui ne sont par ailleurs, pas toujours reluisantes, même si elles sont empruntées aux hommes. Si une femme respirant la féminité avoue ses penchants pour le même sexe, les hommes s’en trouvent d’ailleurs souvent émoustillés, s’imaginant les pires fantasmes sexuels auprès du couple qu’elle forme avec sa compagne, et se disant qu’elle est devenue ainsi parce qu’elle n’a pas eu la « chance » de rencontrer un prince charmant ou un vaillant séducteur. La lesbienne faiten fait beaucoup plus fantasmer que son homologue gay ! Les hommes s’interrogent alors de savoir laquelle dans le couple fait plutôt la femme ou plutôt l’homme comme si le schéma devait être absolument celui-ci ! Est également associée à l’image de la lesbienne, l’utilisation courante de sextoys et autres accessoires, pour combler, sans doute, le manque physique de l’homme…

De même, le stéréotype parfait est de propager la pensée selon laquelle les lesbiennes ne supportent pas les hommes et qu’elles sont toutes féministes, où l’inverse, c'est-à-dire que les féministes seraient toutes des lesbiennes notoires ou non... Des concepts qui ne vont toujours pas de pair comme l’ont prouvées les plus célèbres d’entres elles. Il se raconte aussi qu’elles sont devenues, la plupart du temps « lesbiennes », par dégout de l’homme et surtout après une agression sexuelle de la part de l’un d’entre eux. Une façon de tout mélanger, et de réduire un désir et une identité profonde en l’assimilant à de la souffrance, comme si préférer les femmes lorsqu’on en est une, ne devait pas être naturel. Les lesbiennes ne fréquenteraient donc que des lesbiennes, pour se tenir éloignées des hommes qu’elles ont en horreur, comme tout le monde le présume. Autant d’idées reçues terribles qui finissent par nuire au quotidien de celles qui ont choisi une autre manière d’aimer, tout autant respectable et qui leur appartient entièrement. L’assumer est parfois rendu difficile pour certaines d’entre elles, compte tenu de la teneur particulière de tous ces préjugés qui sont autant d’entraves et de regards condescendants sur leur façon de vivre !